Un financement majeur de 125 millions de dollars pour transformer la santé au Mali
Un nouveau projet ambitieux, Keneya Yiriwali (en Bambara, « santé pour tous »), a été lancé pour renforcer le système de santé au Mali. Grâce à un investissement total de 125 millions de dollars, cette initiative vise à améliorer l’accès aux soins essentiels pour les populations les plus vulnérables, en particulier les femmes, les adolescents et les enfants de moins de 5 ans.
Financé par un crédit de 100 millions de dollars de l’Association Internationale de Développement (IDA) et une subvention de 25 millions de dollars de la Facilité de financement mondiale (GFF), ce projet s’appuie sur une approche innovante : le Financement basé sur les résultats (FBR). Cette méthode récompense la performance des établissements de santé, garantissant ainsi une meilleure qualité des services et une gestion optimisée des ressources.
Des objectifs clairs pour des populations ciblées
Le projet Keneya Yiriwali s’articule autour de plusieurs axes stratégiques :
- Améliorer l’accès aux soins essentiels : santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile, adolescente et nutritionnelle (RMNCAH+N) pour une population de 15,4 millions d’habitants, dont 3 millions d’enfants de moins de 5 ans et 3,4 millions de femmes âgées de 15 à 49 ans.
- Renforcer la résilience climatique : intégrer les risques liés au climat et aux pandémies dans la gestion des urgences sanitaires, en ciblant les zones vulnérables comme Gao, Mopti, Tombouctou ou encore Sikasso.
- Optimiser la performance des établissements : financer les intrants nécessaires, les paiements basés sur la performance et les infrastructures, tout en améliorant la disponibilité des médicaments et la satisfaction des patients.
- Développer les infrastructures sanitaires : soutenir les hôpitaux régionaux, les infirmeries scolaires et les laboratoires, notamment dans les zones les plus pauvres.
Un partenariat international pour des résultats durables
Ce projet s’inscrit dans la continuité des efforts menés par le Mali et ses partenaires pour atteindre la Couverture Sanitaire Universelle (CSU). Le Financement basé sur les résultats (FBR) a déjà fait ses preuves dans neuf régions administratives grâce au projet PACSU (Accélérer les Progrès vers la Couverture Sanitaire Universelle), qui a permis d’augmenter l’utilisation des soins, d’améliorer la qualité des services et de renforcer les capacités locales.
Clara de Sousa, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, souligne : « L’extension du FBR avec la prise en compte des risques climatiques et des urgences sanitaires est un levier clé pour offrir des soins de qualité aux populations. Ce projet s’appuie sur les succès du PACSU, qui a amélioré l’accès aux soins et la satisfaction des patients. »
Luc Laviolette, chef du secrétariat de la GFF, ajoute : « Ce partenariat, soutenu par les Pays-Bas, permet d’aligner les efforts pour répondre aux besoins des communautés les plus difficiles d’accès, notamment celles vulnérables au climat. Investir dans un système de santé résilient et inclusif est essentiel pour garantir des soins adaptés à tous. »
Une couverture étendue pour toucher les zones les plus pauvres
Initialement centré sur des régions comme Gao, Mopti ou Ségou, le projet Keneya Yiriwali étend désormais son action à de nouvelles zones prioritaires :
- Tombouctou, Bougouni, Koutiala et Sikasso, connues pour leurs taux élevés de pauvreté.
- La Commune VI du district de Bamako, pour toucher les populations urbaines défavorisées.
Cette extension vise à réduire les inégalités d’accès aux soins et à renforcer la préparation aux crises sanitaires et climatiques, en ciblant spécifiquement les adolescents, les femmes et les enfants.
L’IDA : un acteur clé du développement en Afrique
L’Association Internationale de Développement (IDA), branche de la Banque mondiale dédiée aux pays les plus pauvres, joue un rôle central dans ce projet. Depuis 1960, elle octroie des dons et des prêts à taux préférentiels pour soutenir des initiatives visant à stimuler la croissance économique, réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie. Avec un impact sur 1,6 milliard de personnes à travers le monde, dont une majorité en Afrique, l’IDA est un partenaire incontournable pour les pays en développement.
En 2023, l’IDA a engagé en moyenne 21 milliards de dollars par an, dont 61 % destinés au continent africain, consolidant ainsi son rôle de premier plan dans la lutte contre les inégalités sanitaires et sociales.