Retour de Macky Sall au Sénégal : une visite qui attise les tensions politiques
Le retour de Macky Sall dans la capitale sénégalaise, prévu pour une rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye, suscite une vive polémique au sein de la société civile et des responsables politiques. Pour la première fois depuis son départ du pouvoir en avril 2024, l’ancien président foule à nouveau le sol dakarois, dans un contexte où les accusations de répression des manifestations entre 2021 et 2024 resurgissent.
Dès l’annonce de son arrivée, prévue pour le 17 juillet, des collectifs de victimes et de défenseurs des droits humains ont réagi avec indignation. Boubacar Sèye, porte-parole d’un collectif exigeant justice, a qualifié cette visite d’« indécente », soulignant que « des dizaines de morts » avaient été recensées lors des mouvements de protestation de cette période. « Nous exigeons que la lumière soit faite et que les responsabilités soient établies », a-t-il déclaré, estimant que le retour de Macky Sall « symbolise le retour d’un homme dont la gouvernance reste associée à une des périodes les plus douloureuses de l’histoire récente du pays ».
Un accueil partagé entre condamnation et soutien
Les réactions politiques reflètent cette division. Guy Marius Sagna, député proche de la majorité présidentielle, a dénoncé avec fermeté cette rencontre. « Recevoir Macky Sall est une insulte infligée aux familles des victimes et aux détenus politiques. C’est tout simplement indécent », a-t-il affirmé, appelant à une reconnaissance des souffrances endurées.
Cependant, l’Alliance pour la République (APR), parti historique de l’ancien chef de l’État, a appelé ses militants à lui réserver un accueil triomphal à Dakar. Des rassemblements de soutien sont prévus en amont et pendant la visite, tandis que Macky Sall a indiqué sur les réseaux sociaux qu’il quitterait le pays « aussitôt » après son entretien avec Bassirou Diomaye Faye.
Une candidature à l’ONU qui alimente les débats
Cette visite intervient alors que Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature, portée par le Burundi en sa qualité de président tournant de l’Union africaine, a été officialisée malgré l’absence de soutien du gouvernement sénégalais actuel. Interrogée sur cette rencontre, la présidence sénégalaise n’a pas encore réagi publiquement.
Le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a pour sa part minimisé les tensions en qualifiant cette visite de « normale et ordinaire ». Il a rappelé qu’à ce jour, « Macky Sall ne fait l’objet d’aucune accusation, de poursuite ou de condamnation », tout en soulignant son statut d’ancien président et de citoyen sénégalais.