Richard bona dénonce la corruption chez les jeunes camerounais

Richard Bona fustige la jeunesse camerounaise dans la lutte contre la corruption

Le bassiste et chanteur Richard Bona, installé à l’étranger, a récemment pointé du doigt la jeunesse camerounaise qu’il accuse de corruption généralisée. Ses déclarations, relayées par un média international, ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques locaux.

Jeunesse camerounaise 2025

Une jeunesse camerounaise sous le feu des critiques

Selon un récent sondage Afrobaromètre, plus de la moitié des Camerounais ont déjà versé des pots-de-vin pour éviter des ennuis avec les forces de l’ordre. Près de 50 % des citoyens reconnaissent avoir corrompu un agent public pour obtenir des papiers d’identité, et 37 % pour accéder à des soins médicaux.

Richard Bona, figure musicale camerounaise en exil, n’a pas mâché ses mots lors d’une interview accordée à un média étranger. Pour lui, « la jeunesse camerounaise est corrompue », une opinion qu’il justifie par une éducation basée sur l’attente de faveurs plutôt que sur l’effort personnel. « Ils ne cherchent que des miettes. À quelques rares exceptions près, c’est une jeunesse gangrenée par la corruption. Et je ne vois pas comment le Cameroun pourra s’en sortir. »

Les réactions des internautes et des citoyens sur le terrain

Ses propos ont déclenché une vague de commentaires sur les réseaux sociaux. Un internaute camerounais a ainsi partagé : « Les enfants savent très bien que le policier est là, non pour leur sécurité, mais pour soutirer 500 francs CFA. »

Les témoignages de Yaoundé confirment ce constat. Certains reconnaissent l’existence de jeunes corrompus, mais soulignent que « la majorité subit cette corruption au quotidien ». D’autres estiment qu’il est injuste de condamner toute une génération pour les actes de quelques-uns : « Aucun peuple ne se construit en diabolisant une jeunesse entière à cause de ses dérives. »

Un podcast a été intégré à l’article, où Richard Bona réitère son pessimisme : « Je ne pense même pas que le Cameroun s’en sortira. »

Le Cameroun, un pays englué dans la corruption

Le Cameroun occupe la 142e place sur 182 pays dans le classement 2024 de l’organisation Transparency International, qui évalue la perception de la corruption dans le monde. La Commission nationale anti-corruption (Conac), rattachée à la présidence, a elle-même reconnu dans son rapport annuel que « des milliards de francs CFA sont détournés chaque année au détriment de l’État. »

Un agent de l’administration camerounaise, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confié : « Beaucoup de jeunes ne savent même plus ce qui est normal ou non. Ils évoluent dans un système où la corruption est devenue une norme. »

Pourtant, certains Camerounais rappellent que « la jeunesse n’est pas un monolithe ». Ils mettent en avant des jeunes entrepreneurs, artistes ou militants qui luttent au quotidien avec intégrité. « Le Cameroun bouge grâce à sa jeunesse. Si tous étaient corrompus, le pays serait paralysé. »

La corruption, un système qui piège la jeunesse camerounaise

Maître Akere Muna, fondateur de Transparency International Cameroun et ancien vice-président de l’organisation, nuance les propos de Richard Bona. Pour lui, la jeunesse camerounaise est davantage victime que responsable de la corruption. « Ils sont pris en étau. Ils subissent un système où la compétence et le travail ne paient pas. Pour avancer, il faut des connexions, du népotisme ou du tribalisme. »

Il ajoute : « La corruption au Cameroun est systémique. Les jeunes n’ont pas le pouvoir de changer les choses. Ils s’adaptent pour survivre. Mais leur avenir est hypothéqué par ce fléau. Il est temps qu’ils le dénoncent. »

Maître Akere Muna plaide pour une éducation citoyenne qui valorise l’effort et la transparence. « Si l’on montre aux jeunes que le travail paie et que la paresse ne mène nulle part, ils auront une autre vision de l’avenir. »

La Conac, de son côté, appelle l’ensemble des acteurs publics et privés ainsi que les citoyens à s’engager dans la lutte contre la corruption. La structure met à disposition une ligne verte (n°1517) pour signaler tout acte de corruption.

En conclusion, si la polémique autour des déclarations de Richard Bona divise, une chose est sûre : la corruption reste un fléau endémique au Cameroun, et la jeunesse, qu’elle en soit victime ou actrice, en paie le prix fort.

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