Sauvegarde des manuscrits anciens du Mali : un nouveau programme de formation lancé par l’Unesco et Savama-Dci

Dans le cadre du projet « Promouvoir la préservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire africain en péril », une série d’ateliers de formation dédiés aux manuscrits historiques du Mali a officiellement débuté. Cette initiative, pilotée par le bureau de l’Unesco au Mali en collaboration avec l’ONG Savama-Dci, vise à outiller plus de 70 participants — agents de familles détentrices, étudiants et chercheurs — pour une meilleure conservation et valorisation de ce patrimoine précieux.

Les manuscrits anciens du Sahel, et tout particulièrement ceux du Mali, constituent une source inestimable de savoirs et un témoignage de la richesse intellectuelle et historique du continent. Face aux défis sécuritaires et climatiques, leur sauvegarde est devenue une priorité pour les autorités maliennes et leurs partenaires. Ce projet entend consolider les acquis des programmes antérieurs et améliorer les pratiques de conservation, d’accès et de mise en valeur de ce patrimoine documentaire menacé.

Le programme de formation s’articule autour de deux ateliers complémentaires :

  • Le premier atelier, du 29 juin au 1er juillet 2026, porte sur les techniques de prospection et d’identification des manuscrits. Les participants apprendront à repérer, localiser et identifier ces documents au sein des familles, bibliothèques et autres lieux de conservation.

  • Le second, du 2 au 4 juillet 2026, est consacré aux techniques d’inventaire et de création de répertoires. Il permettra de collecter, organiser et décrire les informations sur les manuscrits, ainsi que d’élaborer des notices descriptives normalisées.

Ces deux sessions, dont l’ouverture a été présidée le 29 juin 2026 par le représentant du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, en présence du chef par intérim du bureau de l’Unesco au Mali et du président exécutif de Savama-DCI, couvrent l’ensemble de la chaîne de gestion des manuscrits anciens — de l’identification à la documentation systématique — au bénéfice de 15 agents issus de familles détentrices.

« Le département de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme vous assure de son accompagnement constant pour la réussite de ce projet et accordera une attention toute particulière aux résultats attendus et à leurs impacts », a déclaré M. Mamadou Cissé, conseiller technique représentant le ministre de la Culture.

Le chef du bureau, M. Ali-Mohamed Sinane, a pour sa part souligné : « Préserver les manuscrits anciens, c’est préserver notre mémoire, notre identité et notre histoire commune. C’est aussi transmettre aux générations futures un héritage intellectuel d’une valeur inestimable. Je souhaite que ces ateliers soient riches en échanges, en apprentissages et en engagement, et qu’ils contribuent de manière significative à la sauvegarde du patrimoine documentaire du Mali. »

À l’issue de ces deux ateliers, les bénéficiaires seront capables de mener des missions de terrain, d’identifier correctement les manuscrits, de les décrire et de contribuer à leur intégration dans des systèmes d’inventaire structurés.

Ce programme de formation se poursuivra dans les mois à venir avec des sessions destinées aux étudiants et chercheurs sur l’édition critique et la traduction des manuscrits anciens. Il marque une étape clé dans le renforcement des capacités nationales pour la protection et la valorisation de ce patrimoine unique au Mali.

À travers ces ateliers, l’Unesco et ses partenaires, notamment le gouvernement du Japon, réaffirment leur engagement pour la sauvegarde du patrimoine documentaire africain. L’objectif est non seulement de préserver ces trésors pour les générations futures, mais aussi d’en accroître la reconnaissance en tant que patrimoine culturel d’importance historique.

Retour en haut