société civile sénégalaise exige un référendum transparent sur la réforme constitutionnelle
Alors que l’Assemblée nationale sénégalaise a validé la réforme constitutionnelle portée par les députés du Pastef, la société civile se mobilise pour une consultation populaire. Le collectif Y’en a marre, acteur historique de la vie publique, salue la proposition du président Bassirou Diomaye Faye de soumettre le texte à référendum avant promulgation. Une démarche perçue comme un gage de transparence face aux suspicions de manœuvres politiques.
Aliou Sané, fondateur du mouvement, insiste sur la nécessité d’éviter toute instrumentalisation : « L’annonce d’un référendum ne doit pas servir à contourner les attentes citoyennes ou à étouffer les initiatives portées par le Pastef. Il faut laisser le peuple sénégalais comprendre et décider librement. »
Des accusations de déstabilisation et un climat tendu
Le collectif dénonce le retour de pratiques qu’il juge antidémocratiques, notamment la stigmatisation de ses membres via des accusations infondées. Depuis son opposition à la stratégie du Pastef, Y’en a marre est régulièrement assimilé à un « lobby LGBT », une rhétorique que le mouvement juge dangereuse dans un contexte où l’homosexualité reste un sujet ultra-sensible, criminalisé depuis mars dernier.
« Sous les mandats de Abdoulaye Wade comme de Macky Sall, nous avons subi les mêmes attaques. On nous accusait d’être financés par des lobbies étrangers pour déstabiliser le pays. Pourtant, ceux qui dénonçaient ces méthodes hier sont aujourd’hui au pouvoir. La cohérence exige de ne pas reproduire ces erreurs », déclare un porte-parole du mouvement.
Interpellations et tensions autour du débat constitutionnel
L’adoption du projet de réforme, lundi 29 juin, s’est accompagnée d’arrestations autour de l’Assemblée nationale. Douze personnes, dont neuf jeunes militants de l’Alternative pour la relève citoyenne (ARC), ont été interpellées pour « troubles à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée ». Libérées quelques heures plus tard, ces interpellations ont ravivé les craintes d’un durcissement des conditions de débat démocratique.