Somalie Goïta à Moscou : quand l’absence des alliés du Sahel pèse sur l’avenir de l’AES

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Le Sommet Russie-Afrique 2026 à Moscou, qui s’ouvre ces 28 et 29 octobre, met en lumière un paradoxe au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Alors que les enjeux géopolitiques et économiques s’annoncent majeurs, le président malien Assimi Goïta incarne à lui seul la délégation sahélienne, tandis que ses homologues burkinabè et nigérien affichent des présences bien moins visibles. Une disparité qui interroge sur l’influence réelle de l’AES et ses capacités à peser sur la scène internationale.

Une délégation sahélienne en demi-teinte à Moscou

Dès l’arrivée du général Assimi Goïta à la tête d’une délégation officielle, le Mali confirme son statut de pilier diplomatique au sein de l’AES. Vladimir Poutine et lui ont d’ailleurs échangé longuement lors de leur rencontre, marquant ainsi le renforcement des liens bilatéraux entre les deux pays. Une posture qui contraste avec celle du Burkina Faso, dont la participation repose désormais sur les épaules de son Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Un choix qui limite la portée symbolique de l’événement pour Ouagadougou.

Quant au Niger, la présence du général Abdourahamane Tiani, bien qu’annoncée par les autorités russes, reste incertaine à l’ouverture des travaux. Si aucune communication officielle n’a encore acté son absence, les observateurs s’interrogent : cette incertitude reflète-t-elle des tensions internes, une stratégie de dernière minute, ou simplement une communication diplomatique floue ?

Les autres pays africains se mobilisent, mais pas de la même manière

Si l’AES peine à aligner ses dirigeants, d’autres nations africaines affichent une présence plus affirmée. Le Burundi, l’Érythrée, le Ghana, le Mozambique ou encore la Guinée équatoriale sont représentés par leurs chefs d’État. Le Soudan du Sud, le Zimbabwe et la République du Congo ont également fait le déplacement. Une diversité qui illustre la volonté de la Russie de diversifier ses partenariats et de ne pas se limiter à une seule région.

Cependant, comme pour l’AES, certains pays optent pour une représentation de second rang. L’Algérie, le Bénin, l’Ouganda et le Rwanda envoient respectivement leur Premier ministre ou leur vice-présidente. Une stratégie qui, bien que légitime sur le plan diplomatique, réduit l’impact médiatique et politique de leur participation.

Des absences qui interrogent, mais sans conclure à un désengagement

Selon les chiffres du Kremlin, 48 des 54 pays africains ont confirmé leur présence au sommet, dont 22 représentés par leur chef d’État. Six pays manquent à l’appel, mais leurs motivations restent floues. Une absence ne signifie pas toujours un désaccord avec Moscou : elle peut aussi traduire des contraintes logistiques, des choix stratégiques ou des priorités nationales. Ce qui est certain, c’est que chaque absence contribue à façonner l’image de l’Afrique à la table des négociations.

Quel avenir pour l’AES après ce sommet ?

Le sommet de Moscou doit déboucher sur des engagements concrets en matière de sécurité, d’énergie, d’agriculture et d’investissements. Pour l’AES, l’enjeu est double : afficher une unité malgré les disparités de représentation, et tirer profit des opportunités offertes par le rapprochement avec la Russie. La visibilité diplomatique compte, mais ce sont les retombées économiques et sécuritaires qui détermineront l’avenir de l’alliance.

Si Assimi Goïta a marqué les esprits en tant que seul leader sahélien présent physiquement, la question reste entière : jusqu’où l’AES pourra-t-elle compter sur une coopération cohérente et efficace avec Moscou ? Les prochains mois seront décisifs pour transformer cette rencontre en un levier de développement pour les pays du Sahel.

Assimi Goïta et Vladimir Poutine lors d'une rencontre bilatérale à Moscou
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