Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a vivement interpellé son homologue à la présidence de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin qu’il procède sans délai à la promulgation de la loi relative à la révision constitutionnelle. Ce texte, adopté à une large majorité par les députés en séance plénière, se trouve désormais au cœur d’un bras de fer institutionnel.
Selon Ousmane Sonko, le vote des trois cinquièmes des membres de l’Assemblée nationale équivaut à une adoption définitive de la réforme, rendant toute nouvelle validation par référendum superflue. Il a rappelé avec fermeté que « le pouvoir constituant » revient légitimement à la représentation nationale lorsqu’elle siège en session. Il a par ailleurs contesté la légitimité d’une saisine du Conseil constitutionnel par le chef de l’État, soulignant que la haute juridiction s’est déjà exprimée sur les procédures applicables aux révisions constitutionnelles adoptées par voie parlementaire.
Une réforme jugée essentielle pour la démocratie sénégalaise
Ousmane Sonko a salué cette révision comme « l’une des plus structurantes » jamais entreprises pour le Sénégal, estimant qu’elle renforcera la transparence des institutions tout en optimisant les coûts liés au fonctionnement démocratique. Il a également pointé du doigt les réserves exprimées par Bassirou Diomaye Faye concernant certaines mesures phares du texte, comme l’obligation pour le président de déclarer son patrimoine à l’entrée et à la sortie de ses fonctions, ou encore l’interdiction de diriger un parti politique pendant son mandat.
Ces principes, souligne-t-il, avaient précisément été défendus par l’actuel chef de l’État lorsqu’il évoluait dans l’opposition. Pour Ousmane Sonko, la promulgation de cette loi est une étape cruciale pour ancrer davantage la démocratie au Sénégal et éviter des débats stériles qui n’apporteraient aucune valeur ajoutée au processus.
Un appel à l’unité institutionnelle
Le président de l’Assemblée nationale a appelé Bassirou Diomaye Faye à revenir sur sa position et à promulguer sans plus tarder la réforme constitutionnelle. Il a qualifié d’inutiles toute tentative de soumettre certaines dispositions à un référendum, réaffirmant que le vote des trois cinquièmes des députés constitue une validation suffisante et définitive.