tabaski à Bamako : les déplacés de Faladiè face à des conditions précaires pour l’aïd
À Bamako, la fête de Tabaski s’annonce difficile pour des centaines de familles déplacées après l’évacuation du marché informel de Faladiè. Privés d’un cadre de vie décent, ces ménages, originaires de régions en proie aux conflits armés, tentent de célébrer l’Aïd dans des conditions d’extrême précarité.
Un centre improvisé pour l’éducation et la survie
Parmi les vestiges du marché de Faladiè, un espace éducatif pour enfants, baptisé « le Centre amis des enfants », tente de maintenir une activité malgré l’état chaotique des lieux. Ce campement informel abrite aujourd’hui des familles venues des zones de conflit, notamment de la région de Bandiagara, dans le centre du Mali. Leurs moyens de subsistance se sont effondrés après l’évacuation forcée d’avril dernier.
Aminata, mère de quatre enfants, a fui Bankass en 2019 pour échapper aux violences. Aujourd’hui, elle partage son quotidien précaire avec d’autres familles dans ce centre qui n’était pas conçu pour servir de logement. Face à l’absence de perspectives, ses revendications sont claires :
- Un accès à des soins de santé adaptés
- Une aide alimentaire urgente (riz, huile, etc.)
- Des vêtements neufs pour ses enfants, afin qu’ils puissent célébrer dignement Tabaski
« Nous n’avons même pas de quoi nous abriter correctement. Sans vivres ni vêtements, comment fêter l’Aïd comme il se doit ? », s’indigne-t-elle.
Des jeunes sans revenus, privés de leur gagne-pain
À quelques centaines de mètres du centre, Fousseyni et Oumar, deux adolescents de 14 et 15 ans, observent avec mélancolie l’abattage d’un mouton. Autrefois, ils gagnaient leur vie en participant à la vente et au transport des animaux pour les fêtes, notamment Tabaski. Aujourd’hui, sans ressources, ils errent dans l’espoir de gagner quelques francs CFA en rendant des services aux bouchers locaux.
« L’an dernier à cette époque, nous gagnions bien notre vie. Mais aujourd’hui, nous sommes réduits à l’inaction. Nous venons ici tous les jours, espérant trouver un peu de travail. C’est notre seule manière de survivre », confie Fousseyni, visiblement accablé.
Un encadrement humanitaire, mais pas de solution durable
Sous l’égide de la Direction nationale du développement social, des acteurs humanitaires locaux et internationaux, comme le Samu Social Mali ou l’Unicef, assurent un suivi régulier des enfants et des familles du centre. Malgré leurs efforts, aucun site de relocalisation n’a encore été identifié pour ces 300 familles évacuées.
Alors que la fête de Tabaski approche, la détresse des déplacés de Faladiè rappelle l’urgence d’une solution adaptée. Sans logement décent ni revenus, leur capacité à célébrer dignement cette fête sacrée reste incertaine.