Tentative de coup d’État au Bénin : le point sur la situation ce dimanche à Cotonou

Ce que l’on sait de la tentative de coup d’État au Bénin ce dimanche matin  (Photo du président du Bénin Patrice Talon)
MATEUS BONOMI / AGIF via AFP
Ce que l’on sait de la tentative de coup d’État au Bénin ce dimanche matin (Photo du président du Bénin Patrice Talon)

Le gouvernement du Bénin a annoncé avoir neutralisé une tentative de renversement du pouvoir ce dimanche 7 décembre au matin. L’alerte a été donnée après que des militaires ont investi la télévision nationale pour proclamer la destitution du président Patrice Talon.

Le chef de l’État, qui doit achever son second mandat en avril prochain, a été mis en sécurité par ses services. Si le pays bénéficie d’une économie en croissance, il reste confronté à une menace jihadiste persistante dans sa région nord, créant un climat de tension sous-jacent.

À Cotonou, l’atmosphère est restée fébrile une partie de la journée. Des tirs ont été signalés et les accès au palais présidentiel ont été verrouillés par les forces de l’ordre, bien que le reste de la ville ait tenté de maintenir une activité normale.

L’émergence du « Comité militaire pour la refondation »

L’insurrection a été portée par un groupe de huit soldats armés se présentant comme le Comité militaire pour la refondation (CMR). Lors de leur allocution télévisée, ils ont désigné un lieutenant-colonel comme nouveau dirigeant du pays.

Les putschistes ont justifié leur action par plusieurs griefs : l’insécurité grandissante au nord du Bénin, le délaissement des soldats blessés ou tués au combat, ainsi que des promotions jugées arbitraires au sein de l’institution militaire. Ils ont également dénoncé une érosion des libertés fondamentales sous le régime actuel.

Échec de la manœuvre et reprise en main par l’armée

La tentative de putsch n’a pas reçu le soutien de l’ensemble de la hiérarchie militaire. Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur, a affirmé que les forces armées sont restées fidèles à la République et ont réussi à reprendre le contrôle de la situation.

Des sources proches de la présidence ont confirmé que le président Patrice Talon est hors de danger. L’armée régulière a progressivement sécurisé les points stratégiques de Cotonou, notamment le siège de la télévision nationale et les quartiers abritant les institutions internationales et les grands hôtels comme le Sofitel.

Une situation sous contrôle et des condamnations internationales

Une source militaire a précisé que les insurgés n’ont réussi à prendre ni le palais présidentiel ni la résidence privée du chef de l’État. Des opérations de sécurisation, qualifiées de « nettoyage », sont toujours en cours pour stabiliser définitivement la capitale économique.

Sur le plan diplomatique, la CEDEAO a fermement condamné cette tentative de coup d’État, la qualifiant d’atteinte à la volonté du peuple béninois. L’Union africaine a également réagi avec force, exigeant que les militaires impliqués cessent immédiatement leurs activités illégales et retournent dans leurs casernes.

Le contexte politique sous la présidence de Patrice Talon

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, Patrice Talon fait l’objet de critiques concernant un virage autoritaire, malgré les progrès économiques du pays. La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat en 2026, mais l’exclusion de certains partis d’opposition de la scène politique continue d’alimenter les tensions.

Cet événement s’inscrit dans un contexte régional instable, l’Afrique de l’Ouest ayant été le théâtre de plusieurs coups d’État ces dernières années, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée.

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