Un nouveau souffle pour la BCEAO au Togo avec la nomination d’Ekoué Djro Glokpor
L’institution de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Togo accueille son nouveau directeur national, Ekoué Djro Glokpor. Sa prise de fonction officielle, survenue lors de la deuxième session ordinaire du Conseil national du crédit le 18 juin 2026 à Lomé, s’inscrit dans un paysage financier togolais en pleine mutation, caractérisé par une progression notable de la digitalisation bancaire, mais aussi par une contraction des financements aux entreprises et une concentration significative du crédit en faveur des grandes structures.

Ekoué Djro Glokpor a été formellement investi à la tête de la Direction nationale de la BCEAO pour le Togo, lors de la récente session du Conseil national du crédit (CNC) qui s’est déroulée dans la capitale togolaise, Lomé, le 18 juin 2026.
Il prend ainsi la suite d’Akuwa Dogbe Azoma. Ce retour au Togo marque une étape importante pour M. Glokpor, qui a précédemment servi au siège de la BCEAO à Dakar, où il a successivement occupé des postes clés tels que directeur de la Comptabilité, directeur général de l’Organisation et des Systèmes d’information, et conseiller du Gouverneur. Sa nomination a été chaleureusement accueillie par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, qui a présidé la session en l’absence du ministre des Finances, Essowè Georges Barcola.
« C’est un grand honneur d’assumer cette responsabilité. Je suis pleinement conscient de l’ampleur de la tâche qui m’attend », a affirmé M. Glokpor devant les membres du Conseil.
Des déséquilibres persistants dans l’allocation du crédit
Cette session a également été l’occasion d’analyser la conjoncture économique et monétaire du pays, arrêtée à la fin mars 2026, révélant des tendances divergentes. Le taux d’adoption des services bancaires numériques a atteint 32,2 %, le taux d’intérêt moyen a diminué à 7,5 %, et l’épargne auprès des banques et des institutions de microfinance a enregistré une croissance. Cependant, une baisse de 15 % des concours bancaires aux entreprises a été observée, les établissements de crédit ayant préféré les marchés financiers régionaux, tandis que la microfinance a vu ses encours progresser de 30 %.
La distribution sectorielle du crédit bancaire demeure fortement centralisée : une part prépondérante de 70 % des nouveaux financements est attribuée à un nombre limité de grandes entreprises. L’agriculture ne bénéficie que de 1,5 % des concours bancaires, et le secteur de l’habitat de 1,1 %, a déploré le ministre Patoki. Il a vivement encouragé les établissements de crédit à exploiter les dispositifs de partage de risques existants, notamment le Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), le Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE) et le Fonds de solidarité africain (FSA).
Le taux brut de dégradation du portefeuille bancaire s’est établi à 13,4 %, un niveau nettement supérieur à l’objectif de 5 % fixé pour 2027. Le CNC a ainsi pressé les banques concernées d’intensifier leurs stratégies de recouvrement.
Accélération de la digitalisation des paiements
Par ailleurs, un plan d’action visant à accélérer la digitalisation des paiements sur l’ensemble du territoire togolais a été approuvé durant la session. Le ministère des Finances n’a pas encore détaillé le calendrier de mise en œuvre ni les ressources allouées à ce projet.
En tant que nouveau directeur national de la BCEAO, Ekoué Djro Glokpor sera le principal interlocuteur de l’institution auprès des autorités publiques togolaises, du ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que des directions générales des banques commerciales opérant dans le pays. Il est à rappeler que le Togo, membre de l’UEMOA, partage le franc CFA, une monnaie commune dont l’émission est assurée par la BCEAO, basée à Dakar.