urgence sanitaire en RDC : les infirmières réclament leurs salaires face à Ebola

La République démocratique du Congo fait face à une crise sanitaire majeure avec la résurgence d’Ebola. Face à cette épidémie, le Conseil international des infirmières (CII) a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi : les soignants en première ligne n’ont toujours pas perçu leur salaire depuis plusieurs mois. Une situation critique qui menace directement l’efficacité de la riposte contre le virus.
Une épidémie qui s’aggrave et des professionnels en détresse
Trois mois après l’annonce officielle de la 17e épidémie d’Ebola en RDC, la situation reste préoccupante. Les infrastructures sanitaires, déjà fragilisées par des années de conflits et de pauvreté, peinent à contenir la propagation du virus. Les soignants, en première ligne, risquent leur vie chaque jour sans compensation financière ni protection adaptée.
Howard Catton, directeur général du CII, a alerté : « On ne peut pas mener une bataille efficace contre Ebola si ceux qui la combattent ne sont pas rémunérés. » Il souligne que des milliers d’infirmières et d’infirmier en RDC n’ont pas touché leur salaire depuis deux à trois mois, malgré les risques encourus.
Des revendications claires pour sauver des vies
Dans un courrier adressé au ministre de la Santé de la RDC, Roger Kamba, le CII exige des actions immédiates :
- Le versement immédiat des salaires et indemnités de risque impayés aux soignants en première ligne.
- Une garantie de paiements réguliers pour l’avenir, afin d’éviter de nouvelles crises.
- La fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés et en quantité suffisante.
- Une assurance et des indemnités pour couvrir les risques liés à leur mission.
« Nous avons besoin d’un leadership politique fort et d’une intervention directe. Nos demandes sont simples : payez ces professionnels, assurez-leur une rémunération stable et protégez-les pour qu’ils puissent travailler en toute sécurité », insiste Howard Catton.
Une épidémie aux proportions alarmantes
L’épidémie actuelle est déjà la deuxième plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, avec plus de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés en seulement trois mois. À titre de comparaison, lors des trois premiers mois de l’épidémie en Afrique de l’Ouest (2014-2016), seulement 7 fois moins de cas et 5 fois moins de morts avaient été recensés.
Le variant Bundibugyo, responsable de cette flambée, ne dispose toujours pas de vaccin ou traitement spécifique. En attendant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) envisage d’utiliser le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, dans le cadre d’un essai clinique en RDC.
Cependant, les moyens financiers manquent cruellement. Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de riposte, seulement 264 millions ont été mobilisés à ce jour. Une insuffisance qui risque de prolonger l’épidémie et d’aggraver la crise.
Un appel à l’action immédiate
Face à l’urgence, le CII et l’OMS insistent sur la nécessité de combler le déficit de financement et de soutenir les soignants, piliers de la lutte contre Ebola. Sans eux, la bataille est perdue d’avance.
La situation en RDC rappelle une fois de plus que la santé des soignants est indissociable de la santé publique. Sans rémunération ni protection, comment espérer enrayer une épidémie qui s’étend chaque jour davantage ?