Violences urbaines à Niamey : 26 000 personnes jetées à la rue par l’autorité transitoire

À Niamey, l’expulsion brutale de près de 26 000 habitants a provoqué une onde de choc au sein de la société civile. En procédant à cette opération massive sans préavis ni solution de relogement, les autorités de transition, sous la direction du général Abdourahamane Tiani, privilégient la coercition au détriment des principes fondamentaux de respect des droits humains. Une telle gestion des affaires publiques interroge : est-ce là la voie à suivre pour un État digne de ce nom ?

Les propos de Maikoul Zodi, militant engagé pour les droits des citoyens au Niger, traduisent l’ampleur de la catastrophe humanitaire en cours. « La nuit dernière, je n’ai pas fermé l’œil », confie-t-il, soulignant l’ampleur du traumatisme infligé à des familles entières. Expulser en quelques jours l’équivalent d’une cité urbaine entière équivaut à détruire, sans avertissement préalable, des vies entières et des générations futures.

Le mépris affiché pour les cadres juridiques nationaux et internationaux

Diriger un pays ne se limite pas à promulguer des arrêtés d’éviction depuis les salons feutrés du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Diriger, c’est protéger les plus vulnérables. Pourtant, en condamnant des milliers de ménages à une précarité sans issue, le régime actuel bafoue délibérément les principes élémentaires de justice et d’humanité.

Comme le souligne Maikoul Zodi, le droit nigérien ainsi que les conventions internationales, en particulier celles relatives aux droits économiques, sociaux et culturels ratifiées par le Niger, encadrent avec rigueur les processus de déguerpissement. Toute opération de cette envergure impose impérativement :

  • Une étude d’impact social et environnemental préalable,
  • Un inventaire précis des populations concernées,
  • Une compensation financière équitable assortie d’un projet de relogement viable avant toute mise en œuvre.

L’absence de ces garde-fous transforme cette initiative en une expulsion forcée, une pratique explicitement prohibée par le droit international et constitutive d’une violation grave des libertés fondamentales.

Des milliers de destins brisés

Derrière le jargon administratif de « déguerpissement » se dissimulent des drames humains insoutenables. Des enfants privés brutalement de leur parcours scolaire, des femmes, des aînés et des travailleurs modestes précipités dans l’errance et la précarité la plus totale.

Dans un contexte déjà fragilisé par des crises économiques répétées, comment justifier que les responsables politiques sacrifient ainsi la stabilité de 26 000 vies humaines sans offrir aucune perspective ? Aucune réponse n’est fournie à ces familles. Elles sont abandonnées à leur sort, sans filet de sécurité ni espoir de reconstruction.

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