yam’na : le Gabon mise sur son capital humain pour son avenir industriel
Libreville, juillet 2026 – Au Gabon, la transformation locale des matières premières ne se limite plus à une simple ambition politique. Elle devient une réalité concrète, portée par les jeunes talents du pays. Avec le lancement de la troisième édition du programme Yam’NA, Eramet Comilog et SETRAG franchissent une étape décisive : former la génération qui façonnera l’industrie gabonaise de demain.
Cette initiative, officiellement lancée en juillet 2026, s’appuie sur une vision claire : préparer les compétences nécessaires à la transformation industrielle du Gabon. Depuis sa création en 2024, le programme a déjà permis à près de cinquante étudiants gabonais de poursuivre des études supérieures locales, grâce à des bourses d’excellence.
L’ajout de SETRAG comme partenaire stratégique marque un tournant. Le groupe ferroviaire, acteur clé du transport des minerais, s’associe désormais à Eramet Comilog pour renforcer l’impact national de Yam’NA. Ensemble, ils investissent dans le capital humain gabonais, un pilier essentiel pour réduire la dépendance aux compétences étrangères.
Des métiers d’avenir pour une économie en mutation
Pendant des années, l’Afrique a exporté ses ressources naturelles tout en important les savoir-faire nécessaires à leur transformation. Le Gabon brise ce schéma. Les cinquante nouvelles bourses attribuées pour l’année universitaire 2026-2027 ciblent des secteurs stratégiques : métallurgie, sidérurgie, chimie industrielle, agroalimentaire, agroforesterie et économie verte.
Cette orientation n’est pas anodine. Elle reflète une volonté de structurer une industrie locale capable de créer de la valeur ajoutée. L’enjeu ? Former dès aujourd’hui les ingénieurs, techniciens et experts qui piloteront demain les projets de transformation du manganèse, du fer, du bois ou des produits agricoles.
Dans un contexte mondial où la transition énergétique et la compétition pour les minerais stratégiques s’intensifient, posséder des ressources ne suffit plus. Il faut aussi maîtriser les compétences pour les valoriser localement et en capter les bénéfices économiques.
Yam’NA : un levier pour la souveraineté économique gabonaise
Le programme s’adresse aux jeunes Gabonais de moins de 25 ans, titulaires d’un baccalauréat obtenu au premier tour. Les candidatures sont ouvertes jusqu’à fin juillet 2026. Au-delà des aides financières, Yam’NA vise à aligner les formations universitaires sur les besoins réels de l’économie gabonaise.
Ce défi, le Gabon n’est pas le seul à le relever. Beaucoup de pays africains peinent à concilier l’offre de formation et la demande des entreprises. Les compétences spécialisées manquent, tandis que les diplômés peinent à s’insérer dans des filières saturées ou déconnectées des réalités industrielles.
Le partenariat entre Eramet Comilog et SETRAG apporte une réponse pragmatique à cette problématique. Avec près de 3 500 emplois directs dans le Haut-Ogooué, Eramet Comilog est un acteur économique majeur du Gabon. SETRAG, de son côté, gère le Transgabonais, une infrastructure ferroviaire essentielle qui transporte chaque année des millions de tonnes de marchandises et des centaines de milliers de voyageurs.
L’industrie gabonaise a besoin de compétences locales
L’Afrique entre dans une nouvelle ère économique où la question des infrastructures et des investissements cède progressivement la place à celle des talents. Les pays qui réussiront seront ceux capables de transformer leur jeunesse en moteur de création de valeur.
Yam’NA s’inscrit dans cette logique de long terme. En orientant les étudiants vers des métiers liés à la transformation locale et à l’économie verte, le Gabon anticipe les besoins de son industrie plutôt que de les subir. L’objectif est ambitieux : faire émerger une génération capable non seulement d’exploiter les ressources du pays, mais aussi de les transformer en leviers durables de souveraineté économique.
Les critères d’éligibilité et les modalités de candidature sont disponibles sur la plateforme dédiée au programme Yam’NA.