La souveraineté malienne en question après l’échec des forces russes

une retraite militaire spectaculaire et inquiétante

Des images insolites circulent actuellement : une colonne de véhicules militaires russes quitte la ville de Kidal, dans le nord du Mali, sans avoir engagé le moindre combat. Cette scène, filmée et diffusée massivement, illustre une situation préoccupante : l’abandon d’une position stratégique sans résistance apparente. Les nouveaux occupants de Kidal, des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes, prennent ainsi le contrôle de cette ville symbolique, ancien bastion séparatiste reconquis en 2023 par l’armée malienne avec l’appui des forces russes.

des attaques coordonnées défient Bamako

La situation sécuritaire au Mali s’est encore dégradée avec des attaques simultanées menées dans plusieurs régions du pays, y compris la capitale, Bamako. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ces offensives et a même appelé les forces russes à ne pas s’impliquer, préfigurant une possible future collaboration. Pourtant, les 2 500 soldats de l’Africa Corps (ex-Wagner), déployés pour soutenir la junte militaire malienne, sont restés totalement passifs face à cette escalade.

un pouvoir malien fragilisé par des revers successifs

Le régime du colonel Assimi Goïta subit des coups durs : l’assassinat du ministre de la Défense lors d’une attaque contre sa résidence, des offensives rebelles dans plusieurs zones du territoire et la perte de pans entiers du pays sous le contrôle de groupes armés. La prise de Kidal, ville emblématique de la rébellion touareg, avait pourtant été présentée comme une victoire majeure en 2023, renforçant l’image du chef de la junte. Aujourd’hui, cette stratégie militaire semble en échec total.

une population prise au piège

La confiscation du pouvoir par la junte, marquée par la dissolution des partis politiques et la nomination non élective du président, exaspère une partie de la population malienne. Les difficultés d’approvisionnement en carburant, notamment lors du siège subi par Bamako il y a quelques mois, ont aggravé la précarité des conditions de vie. Bien que la chute du régime ne soit pas encore certaine, son affaiblissement est indéniable et menace dangereusement la stabilité du pays.

des risques régionaux majeurs

Cette crise malienne pourrait avoir des répercussions dramatiques bien au-delà des frontières du pays. Les indépendantistes touaregs au nord et les groupes djihadistes se disputent des territoires, risquant de fragmenter le Mali. Le GSIM, acteur central de ces offensives, a des ambitions régionales, menaçant directement le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel. À plus long terme, les pays côtiers pourraient également être touchés par des infiltrations djihadistes.

l’échec d’une décennie de lutte contre l’extrémisme

En 2014, l’intervention française avait permis au Mali de reprendre le contrôle du nord, alors sous la menace djihadiste. Cependant, les espoirs suscités par cette opération ont rapidement été déçus. Les coups d’État militaires, le départ des forces françaises et leur remplacement par des mercenaires russes n’ont pas amélioré la situation. Quatre ans après ce changement stratégique, les résultats sont désastreux, et la population malienne en paie le prix fort.

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