Nord du Mali : une embuscade meurtrière frappe un convoi armé près de Tabankort

Une embuscade d’une rare violence a secoué hier la région désertique de Tin Araban, en périphérie de Tabankort, opposant une colonne militaire du Mali à une coalition de groupes armés. Ce drame survient alors que le Nord malien s’enfonce dans une crise sécuritaire de plus en plus incontrôlable, tandis que les autorités de Bamako persistent dans un mutisme inquiétant.

Le convoi stratégique en question, parti de Gao en début de semaine, était composé d’une soixantaine de véhicules, dont des blindés et des camions logistiques, avec pour mission de renforcer les positions des Forces armées maliennes (FAMa) à Anéfis. Cette localité de la région de Kidal, assiégée par des groupes hostiles, représente un verrou essentiel pour la présence militaire malienne dans le septentrion.

Tabankort : le piège se referme sous une pluie de feu

C’est à Tin Araban, à une centaine de kilomètres au sud d’Anéfis, que le convoi a été pris pour cible. Les assaillants, issus d’une alliance inédite entre les indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) – lié à al-Qaïda –, ont déclenché une attaque d’une intensité exceptionnelle. Les combats, qui se sont prolongés pendant des heures, ont impliqué des armes lourdes, des drones et une artillerie particulièrement destructive.

Les premiers éléments disponibles, bien que fragmentaires en raison de l’isolement de la zone, évoquent des pertes matérielles et humaines massives. Plusieurs véhicules blindés des FAMa, ainsi que des engins opérés par les instructeurs russes d’Africa Corps (anciennement associés à Wagner), auraient été détruits ou capturés. Des images circulant discrètement attestent également de la perte de drones de reconnaissance et de dizaines de combattants dans les deux camps.

Bamako face à son propre déni

Vingt-quatre heures après l’affrontement, ni la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) ni le gouvernement de transition n’ont émis le moindre communiqué. Ce silence, loin d’être anodin, reflète une stratégie délibérée : occulter l’ampleur de la défaite et préserver l’image d’une armée malienne invincible.

En refusant de reconnaître les revers subis à Tabankort, les autorités maliennes alimentent un déni de réalité dangereux. Derrière cette opacité se cache une vérité que la population de Bamako mérite de connaître : la dégradation sécuritaire dans le Nord s’accélère, et les forces maliennes, malgré leur appui russe, peinent à contenir l’avancée des groupes armés.

Anéfis, un bastion en sursis

Le sort d’Anéfis pèse désormais comme une épée de Damoclès au-dessus de la stratégie militaire malienne. Si le convoi n’a pu atteindre sa destination, la garnison locale risque de se retrouver totalement isolée, ouvrant la voie à une contre-offensive des groupes coalisés. Une situation qui met en lumière l’échec des promesses de stabilisation avancées par Bamako, et dont les conséquences pourraient s’avérer dramatiques pour l’ensemble du pays.

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