Le ministre Adama Coulibaly, en charge de l’Économie, des Finances et du Budget de la Côte d’Ivoire, a officié ce mercredi à Cocody lors de l’inauguration des nouveaux locaux du Centre d’Information du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique (GIABA). Cette cérémonie a marqué la remise des clés d’une infrastructure stratégique, fruit d’un partenariat étroit entre l’État ivoirien et le GIABA, conformément aux engagements issus de l’Accord de Siège.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale visant à consolider les dispositifs de lutte contre la criminalité financière, un fléau en constante mutation. Les circuits de blanchiment et les méthodes de financement illicite gagnent en complexité, obligeant les autorités à renforcer leur coopération transfrontalière.
L’idée d’un Centre d’Information à Abidjan remonte à une décision historique prise par les ministres de la CEDEAO lors de leur 65e session ordinaire, le 26 novembre 2010 à Abuja. Ce choix avait abouti à la création de deux pôles : Lagos pour les pays anglophones et Abidjan pour les États francophones et lusophones, répondant ainsi aux besoins spécifiques de chaque sous-région.
Le Centre ivoirien a été inauguré le 21 septembre 2015, après la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, lors du 44e sommet des chefs d’État de la CEDEAO à Yamoussoukro.
Une infrastructure au service de la coopération régionale
Lors de son discours, le ministre Coulibaly a souligné l’importance cruciale de ce Centre dans la lutte contre les flux financiers illicites et le financement du terrorisme. Une approche collective est indispensable pour contrer ces menaces, a-t-il insisté, car aucun pays ne peut agir efficacement seul face à un phénomène aussi protéiforme.
Ce Centre se positionne comme une plateforme dédiée à la formation, à la sensibilisation et à l’échange d’informations, au bénéfice des États membres de la CEDEAO. Son objectif ? Devenir un outil d’excellence pour la prévention et la répression des activités financières illégales.
Un bilan déjà marqué par des actions concrètes
Le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a retracé les réalisations du Centre depuis 2015. Parmi ses initiatives phares : des journées portes ouvertes pour les jeunes, des conférences publiques, des concours d’art oratoire et des séminaires de sensibilisation ciblant les médias, les leaders religieux et la société civile.
Le Centre a également joué un rôle clé dans le renforcement des capacités des États, notamment à travers des évaluations mutuelles. Avec ses nouveaux locaux, il entend franchir une nouvelle étape et s’imposer comme un carrefour régional du savoir et de l’innovation dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
Un espace dédié à la jeunesse et aux professionnels
Edwin W. Harris Jr. a appelé l’ensemble des acteurs — administrations publiques, institutions financières, universités, médias, organisations de la société civile et partenaires techniques — à s’approprier ce lieu. Une attention particulière sera accordée aux jeunes, aux étudiants et aux chercheurs, afin de promouvoir l’intégrité et la bonne gouvernance.
L’une des innovations majeures des nouveaux locaux réside dans l’intégration d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Ce dispositif permettra de dispenser des modules adaptés aux besoins des différents publics : autorités compétentes, institutions financières, magistrats, services d’enquête, universitaires et autres acteurs impliqués dans la lutte contre la criminalité financière.
Les formations, conçues sur mesure, pourront être sanctionnées par des certificats, renforçant ainsi l’expertise régionale dans ce domaine stratégique.
Un héritage pour la région
Cette inauguration prend une dimension particulière pour Edwin W. Harris Jr., dont le mandat à la tête du GIABA s’achève fin août 2026. Les nouveaux locaux, inaugurés à quelques jours de son départ, incarnent une volonté de pérenniser les efforts de coopération, de partage d’informations et de développement des compétences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.