Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, a lancé un appel solennel à l’ensemble des forces vives du pays pour construire une Côte d’Ivoire unie, marquant ainsi une nouvelle étape dans son engagement pour l’émergence nationale. Cette initiative, présentée comme un projet fédérateur, vise à rassembler les acteurs administratifs, économiques, religieux et traditionnels autour d’une vision commune, alors que le pays entre dans une phase décisive de son développement.
Une mobilisation nationale pour un avenir commun
Le message présidentiel s’adresse à toutes les composantes de la société ivoirienne : institutions, partis politiques, secteur privé, société civile, autorités traditionnelles et diaspora. L’objectif est clair : transcender les clivages pour bâtir une nation plus solide et résiliente. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la stabilité des politiques publiques et la continuité des réformes deviennent essentielles pour pérenniser les acquis économiques.
Pour Ouattara, cette union nationale n’est pas une simple formule rhétorique. Elle s’appuie sur une décennie de croissance économique soutenue, avec un taux moyen dépassant 6 % par an, et vise à transformer ces performances macroéconomiques en progrès sociaux concrets pour les populations. L’idée d’une « Côte d’Ivoire unie » incarne cette double ambition : renforcer les indicateurs économiques tout en améliorant le quotidien des Ivoiriens.
Un projet ambitieux aux dimensions économiques et sociales
Sur le plan économique, la vision d’une Côte d’Ivoire élargie se traduit par des projets structurants déjà en cours. Le port d’Abidjan, principal hub régional, poursuit son extension, tandis que celui de San Pedro se développe pour soutenir les filières minière et agricole. Le réseau routier s’étend vers le nord du pays, renforçant les liens avec le Burkina Faso et le Mali, et consolidant ainsi les corridors logistiques de l’Afrique de l’Ouest.
Le secteur énergétique, identifié comme un point de faiblesse après la crise de 2024, bénéficie désormais d’investissements massifs pour sécuriser l’approvisionnement et diversifier les sources d’énergie. Ces initiatives visent à répondre aux besoins croissants d’une population en pleine expansion et à soutenir l’industrialisation du pays.
Un appel politique pour une gouvernance inclusive
Au-delà des infrastructures, cette mobilisation nationale répond à un impératif politique : élargir la base de soutien du projet présidentiel au-delà du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). En invoquant l’unité nationale plutôt que l’appartenance partisane, Ouattara cherche à ancrer ses réformes dans une logique de long terme, moins vulnérable aux changements politiques futurs.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des orientations définies depuis 2011, axées sur l’industrialisation, le désenclavement des zones rurales et la consolidation du rôle d’Abidjan comme pôle économique régional. L’objectif est de pérenniser les avancées réalisées tout en les étendant à l’ensemble du territoire, notamment dans les régions moins développées du centre et du nord.
Une méthode ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir
Le choix du terme « Côte d’Ivoire unie » n’est pas anodin. Il fait écho à la vision du président fondateur Félix Houphouët-Boigny, dont la rhétorique mobilisatrice avait marqué l’histoire du pays. Cette référence historique permet à Ouattara de légitimer son projet en s’inscrivant dans une tradition politique de rassemblement, tout en désamorçant les critiques sur une éventuelle personnalisation excessive du pouvoir.
Cependant, la réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à se traduire en actions concrètes. Les observateurs soulignent l’importance de progrès tangibles en matière de gouvernance, de climat des affaires et de réduction des inégalités territoriales. Le nord et le centre du pays, encore en retard sur le plan infrastructurel, figurent parmi les priorités. Par ailleurs, l’intégration des jeunes, qui représentent plus des trois quarts de la population, reste un défi majeur pour assurer une croissance inclusive et durable.