Togo : 43 organisations africaines défendent la constitution contre Faure Gnassingbé

Faure Gnassingbé lors de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à Abuja, en décembre 2025.

Un collectif de 43 organisations issues du continent africain a décidé de frapper un grand coup pour défendre l’intégrité de la loi fondamentale togolase. Ces structures ont officiellement saisi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi que l’Union africaine afin de dénoncer les manœuvres visant à modifier la Constitution du Togo, et plus particulièrement les intentions présumées du président Faure Gnassingbé.

Une mobilisation continentale pour préserver la légitimité institutionnelle

Les signataires de cette initiative, représentant des sociétés civiles, des associations et des mouvements citoyens, estiment que les projets de réforme constitutionnelle en cours à Lomé menacent directement l’équilibre démocratique du pays. « Ces changements, s’ils aboutissent, pourraient fragiliser les fondements mêmes de l’État de droit au Togo », alertent-ils dans un communiqué commun.

Parmi les principales craintes évoquées figure la possibilité d’un troisième mandat pour Faure Gnassingbé, dont l’actuelle mandature est déjà contestée par une partie de la population et de l’opposition. Les organisations signataires appellent les instances régionales et panafricaines à jouer pleinement leur rôle de gardiennes des principes démocratiques.

Des institutions régionales sous pression

La CEDEAO et l’Union africaine se retrouvent ainsi au cœur d’un débat brûlant. Ces deux organisations, souvent sollicitées pour arbitrer les crises politiques en Afrique, sont désormais appelées à trancher sur un dossier qui pourrait redéfinir l’avenir institutionnel du Togo.

Les observateurs s’interrogent : les mécanismes de veille démocratique de la CEDEAO et de l’Union africaine parviendront-ils à empêcher une dérive autoritaire ? Les réponses à ces questions pourraient bien déterminer la crédibilité de ces institutions aux yeux des citoyens africains.

Le rôle clé de la société civile

Les 43 organisations à l’origine de cette saisine ont tenu à souligner l’importance de la pression citoyenne. « Sans une mobilisation forte, les dérives constitutionnelles risquent de devenir la norme », rappellent-elles. Leur action s’inscrit dans une dynamique plus large de surveillance des pratiques politiques sur le continent.

Cette initiative rappelle que la défense des constitutions africaines n’est pas seulement l’affaire des gouvernements, mais bien celle de tous les acteurs engagés pour une gouvernance transparente et responsable.

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