Ousmane Sonko révèle les tensions lors de la formation du gouvernement malien
Lors d’une conférence de presse marquante, le leader du PASTEF, Ousmane Sonko, a livré les coulisses des négociations houleuses ayant abouti à la composition du nouveau gouvernement. Il a clairement exposé les désaccords profonds entre son parti et le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, rendant toute cohabitation politique impossible.
Le président du PASTEF a révélé avoir été témoin d’une décision unilatérale de Bassirou Diomaye Faye, qui aurait « choisi de s’écarter du PASTEF pour s’allier à d’autres forces politiques ». Une orientation immédiatement contestée par Sonko, qui a rappelé au président un principe constitutionnel fondamental : « La majorité doit gouverner. C’est à nous de désigner le Premier ministre. »
Les échanges entre les deux hommes ont porté sur des sujets majeurs comme la dette publique, l’amélioration du pouvoir d’achat, la renégociation des contrats stratégiques, la justice et la transparence financière. Pourtant, aucun consensus n’a été trouvé sur ces dossiers, notamment sur la question judiciaire. « Aucune entente n’a été conclue sur le volet justice », a-t-il souligné, mettant en lumière l’un des principaux points de rupture.
Concernant la répartition des postes ministériels, Ousmane Sonko a exigé une condition non négociable : que le PASTEF obtienne la majorité au sein du gouvernement. Une demande restée sans réponse. « Nous avons réalisé qu’à ce stade, notre parti n’aurait aucun levier sur les décisions prises », a-t-il expliqué, justifiant ainsi le refus de participation au gouvernement dirigé par Al Amine Lô.
Une cohabitation politique impossible
Les déclarations d’Ousmane Sonko illustrent une fracture politique majeure au Mali, où les divergences idéologiques et stratégiques ont empêché toute alliance durable. Le PASTEF, bien que force majeure dans le paysage politique, se retrouve marginalisé dans l’exécutif, ce qui limite son influence sur les orientations nationales.
Cette situation soulève des questions sur l’avenir de la transition politique au Mali, alors que les attentes citoyennes en matière de changement et de souveraineté restent élevées. La déclaration de Sonko marque un tournant dans les relations entre le pouvoir et les forces politiques alternatives.