Rencontre historique entre macky sall et bassirou diomaye faye à Dakar

Un retour symbolique, mais chargé de sens. Macky Sall s’apprête à fouler à nouveau le sol dakarois ce vendredi 17 juillet, après plus de deux ans d’absence discrète. L’ancien président du Sénégal a confirmé sur ses comptes officiels sa venue éclair pour échanger avec Bassirou Diomaye Faye, son successeur élu il y a un peu plus de trois mois. Bien que présentée comme une visite protocolaire, cette rencontre recèle des enjeux bien plus larges que la simple courtoisie.

L’objectif affiché de ce déplacement ? Convaincre le chef de l’État actuel de soutenir sa candidature à la tête de l’Organisation des Nations unies. Une ambition qui, pour Macky Sall, ne saurait aboutir sans l’aval de Dakar. Le poste de secrétaire général de l’ONU répond en effet à des règles dynastiques : un candidat doit d’abord obtenir le feu vert de son pays d’origine avant de pouvoir prétendre à un siège au Conseil de sécurité.

une candidature onusienne suspendue au bon vouloir de Dakar

Le calendrier international semble favorable à une candidature africaine. Le mandat d’António Guterres s’achève fin 2026, et l’Afrique n’a plus fourni de secrétaire général depuis les mandats de Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan il y a près de trois décennies. Le Sénégal, en tant que membre influent de l’Union africaine, dispose donc d’une opportunité historique — à condition que Bassirou Diomaye Faye daigne lui tendre la perche.

Pour Macky Sall, l’enjeu est double : obtenir un soutien officiel du gouvernement sénégalais, puis transformer ce parrainage en levier diplomatique lors des négociations onusiennes. Sans cette première étape, toute tentative de candidature resterait lettre morte, malgré les réseaux et l’expérience accumulés par l’ancien chef d’État.

un échange aux relents de rivalité politique

Les relations entre les deux hommes sont loin d’être apaisées. Bassirou Diomaye Faye a bâti une partie de sa légitimité sur une opposition frontale au régime de Macky Sall, dont il a dénoncé les dérives autoritaires et les affaires de corruption. Depuis son accession au pouvoir, plusieurs audits et procédures judiciaires ont ciblé d’anciens proches de l’ex-président, alimentant une tension palpable entre les deux camps.

Dans ce contexte, la rencontre du 17 juillet dépasse largement la question onusienne. Elle interroge sur l’avenir politique de Macky Sall, sur les garanties dont pourrait bénéficier son entourage, et sur la capacité du Sénégal à jouer un rôle pivot dans les grands forums internationaux. La brièveté du séjour laisse supposer que les deux dirigeants cherchent avant tout à verrouiller un cadre précis, sans s’engager dans des discussions plus approfondies.

diplomatie sénégalaise : un équilibre précaire

Pour Bassirou Diomaye Faye, la décision de soutenir ou non la candidature de son prédécesseur est un casse-tête stratégique. Valider cette démarche rehausserait le profil diplomatique de Macky Sall tout en offrant au Sénégal un atout majeur sur la scène multilatérale. À l’inverse, un refus ou une hésitation risquerait d’être interprété comme une faiblesse, tant par les partenaires africains que par une partie de l’opinion publique sénégalaise, attachée à voir le pays jouer un rôle de premier plan.

Le Sénégal doit aussi composer avec les attentes de l’Union africaine, dont le soutien collectif à un candidat unique pourrait faire la différence au Conseil de sécurité. Aucune déclaration officielle n’a filtré pour l’instant, mais l’exécutif semble privilégier une discrétion calculée avant l’entrevue. Quoi qu’il en soit, ce rendez-vous du 17 juillet marquera la première apparition publique des deux hommes depuis la passation de pouvoir d’avril 2024.

Cette poignée de main, même fugace, pourrait initier une dynamique de réconciliation nationale. Dans un contexte où les réformes économiques et institutionnelles portées par le tandem Faye-Sonko nécessitent un climat politique stabilisé, cette rencontre pourrait en effet poser les bases d’une coexistence moins conflictuelle entre les deux générations de dirigeants.

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