
Quel que soit le choix du président Bassirou Diomaye Faye concernant la dissolution de l’Assemblée nationale, le pouvoir en place en ressortirait affaibli après un nouveau scrutin, selon Ousmane Sonko.
La question d’une dissolution de l’Assemblée nationale agite toujours l’échiquier politique sénégalais. Lors d’un rassemblement organisé à Linguère, Ousmane Sonko, figure majeure du parti Pastef, a directement interpellé le chef de l’État sur ce dossier brûlant. Le leader oppositionnel a mis en garde Bassirou Diomaye Faye contre les conséquences électorales d’une telle initiative.
Pour Ousmane Sonko, toute option choisie par le président entraînerait un affaiblissement du pouvoir actuel après un nouveau scrutin. Cependant, c’est l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée qui, selon lui, se retournerait le plus cruellement contre le président. « S’il organise des élections locales, nous le battrons. S’il dissout l’Assemblée, ce sera encore pire pour lui. Et c’est précisément ce que nous souhaitons », a-t-il lancé avec une assurance marquée à l’adresse du « locataire du palais présidentiel ».
Ces propos reflètent la confiance inébranlable de Pastef dans un rapport de force électoral qu’il estime toujours en sa faveur, plus d’un an après son accession au pouvoir.
Appel à la modération au sein des rangs de Pastef
Au-delà de cette mise en demeure adressée au président, Ousmane Sonko a également rappelé à l’ordre ses partisans. Il les a appelés à faire preuve de sang-froid face à ce qu’il qualifie de tentatives de déstabilisation orchestrées par ses adversaires. « J’exhorte les militants à rester vigilants et calmes, car certains cherchent à provoquer Pastef pour que les jeunes réagissent, afin de justifier une dissolution du parti et le retrait de son récépissé », a-t-il prévenu.
Pour le leader de Pastef, la capacité de ses troupes à résister à ces provocations déterminera directement l’issue des prochains scrutins. Qu’il s’agisse d’élections locales ou de législatives anticipées, une mobilisation sereine garantirait, selon lui, une victoire aisée pour son camp, qu’il qualifie par avance de « promenade de santé ».