Trois jours seulement après avoir accueilli Macky Sall au palais présidentiel, Bassirou Diomaye Faye a annoncé ce lundi 20 juillet le « soutien total » du Sénégal à la candidature de son prédécesseur au poste de secrétaire général des Nations unies. Une volte-face spectaculaire, après les réticences affichées en mars et la position défavorable du pays au sein de l’Union africaine.
Cette décision, qui mobilise désormais tout l’appareil diplomatique sénégalais, confère à Macky Sall un avantage majeur : l’aval officiel de l’État qu’il a dirigé pendant douze ans. Mais comment interpréter ce revirement ? Et dans quelle mesure pourrait-il exacerber les tensions avec Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu figure de l’opposition ?
Un soutien inattendu qui renforce la candidature de Macky Sall
Le 20 juillet dernier, Bassirou Diomaye Faye a officialisé le « plein soutien » du Sénégal à la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU. Une annonce qui intervient après des mois de réserves exprimées en mars et une opposition claire du pays au sein de l’Union africaine. Ce changement de cap, survenu en quelques jours seulement, marque un tournant dans la stratégie diplomatique du Sénégal.
En se rangeant derrière Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye lui offre une légitimité internationale accrue. Le pays peut désormais se targuer d’un soutien étatique solide, ce qui pourrait faire la différence dans une compétition où chaque voix compte. Mais cette volte-face soulève des questions sur les motivations profondes de cette décision.
Les raisons d’un revirement diplomatique
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette décision. Tout d’abord, la volonté de renforcer les liens avec l’administration sortante, malgré les divergences politiques actuelles. Ensuite, l’opportunité de consolider la position du Sénégal sur la scène internationale, en alignant le pays sur une candidature africaine à un poste clé de l’ONU.
Enfin, ce soutien pourrait être perçu comme une stratégie de rapprochement avec les anciennes figures du pouvoir, dans un contexte où les relations entre le président actuel et ses prédécesseurs restent tendues. Mais cette approche ne manque pas de susciter des interrogations quant à ses conséquences politiques internes.
Un risque de tensions accrues avec Ousmane Sonko
Cette décision ne manquera pas de provoquer des réactions au sein de l’opposition. Ousmane Sonko, ancien Premier ministre de Macky Sall et figure majeure du paysage politique sénégalais, pourrait y voir une manœuvre politique visant à marginaliser son camp. Les tensions entre les deux hommes, déjà vives, risquent de s’aggraver.
Sonko, qui a toujours critiqué la gestion du pouvoir par Macky Sall, pourrait interpréter ce soutien comme une tentative de renforcer l’influence de l’ancien président, au détriment des dynamiques politiques actuelles. Une situation qui pourrait, à terme, fragiliser la stabilité politique du pays.
Quelles conséquences pour la diplomatie sénégalaise ?
Ce revirement diplomatique pose également la question de la cohérence de la politique étrangère du Sénégal. En changeant de position en quelques mois, le pays envoie un signal ambigu à ses partenaires internationaux. Comment expliquer qu’un État puisse passer d’une opposition farouche à un soutien total en si peu de temps ?
Cette décision pourrait aussi influencer les alliances régionales, notamment au sein de l’Union africaine, où le Sénégal avait jusqu’ici adopté une position critique. Les partenaires du pays pourraient y voir un manque de stabilité dans sa ligne diplomatique, ce qui pourrait affecter sa crédibilité à long terme.
En définitive, ce soutien inattendu à Macky Sall ouvre une nouvelle phase dans la vie politique et diplomatique du Sénégal. Mais il soulève autant de questions qu’il apporte de réponses, et son impact réel dépendra largement des réactions qu’il suscitera, tant sur la scène nationale qu’internationale.