Le drame qui a frappé Kéniéty, un village du cercle de Kéniéba, le 9 janvier dernier, a coûté la vie à six femmes, ensevelies sous les décombres d’un éboulement minier. Cette tragédie révèle une réalité bien plus large : l’extrême pauvreté qui pousse les mères maliennes à risquer leur vie chaque jour pour subvenir aux besoins de leur famille.
Des conditions de travail inhumaines par nécessité
Travailler dans les mines artisanales du Mali n’est pas un choix, mais une question de survie pour de nombreuses femmes. Sous un soleil écrasant, elles creusent, tamisent et extraient de l’or dans des conditions souvent insalubres et instables. Dans la région de Kayes, ces travailleuses clandestines, parfois avec leurs enfants, passent plus de 12 heures par jour à extraire quelques grammes de métal précieux, risquant leur santé et leur vie pour quelques milliers de francs CFA.
Les zones les plus dangereuses leur sont réservées. Exclues des galeries les plus rentables par les hommes, elles se retrouvent contraintes d’exploiter des fosses abandonnées ou des mines en cours d’effondrement. Ces sites, autrefois exploités puis délaissés par les grandes compagnies minières, deviennent leurs lieux de travail par défaut, transformant leur quête de survie en un véritable suicide social.
Un cercle vicieux de misère et de risques
La précarité de leur situation les expose à une multitude de dangers. Manipulation de mercure sans protection, maladies pulmonaires, malnutrition : leur santé est constamment menacée. En plus des risques physiques, elles subissent des violences de genre et des abus sur les sites miniers, où la loi est souvent absente.
L’histoire tragique de Kéniéty, où six femmes dont deux mères de famille ont péri sous les décombres, illustre parfaitement ce cycle de vulnérabilité. En grattant les parois d’une ancienne mine chinoise, elles ont été prises au piège d’un effondrement soudain. Malgré les efforts des secours, le poids de la terre a eu raison de leur courage.
La nécessité d’une solution durable
Pour les habitants de Dialafara, l’abandon des sites miniers après exploitation représente une menace constante. Des cratères béants, laissés à l’abandon par les sociétés minières, deviennent des pièges mortels pour les plus démunis. Le remblayage et la sécurisation de ces zones s’imposent comme une priorité absolue pour éviter de nouveaux drames.
Mais au-delà des mesures immédiates de sécurité, c’est l’autonomisation de ces femmes qui doit être au cœur des politiques publiques. Les autorités maliennes, notamment via les services sociaux, sont appelées à développer des alternatives économiques pour les éloigner de l’orpaillage. Sans une réelle perspective d’avenir, la pauvreté continuera de pousser des femmes vers des mines artisanales mortelles, condamnées à devenir les victimes silencieuses d’un système minier destructeur.