La situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de s’aggraver, suscitant une profonde inquiétude au sein des Nations unies. Devant le Conseil de sécurité, j’ai rapporté les conséquences dévastatrices du conflit persistant dans les provinces orientales, soulignant l’ampleur de la crise qui affecte des millions de Congolais.
Dans un contexte de réduction des financements humanitaires à l’échelle mondiale, le Plan de réponse humanitaire 2026, initié en janvier, n’a malheureusement atteint qu’un taux de couverture de 53,3 %. J’ai ainsi exhorté les partenaires internationaux à mobiliser sans délai les ressources restantes afin de répondre aux besoins critiques qui ne cessent de croître en RDC.
« La crise humanitaire en RDC demeure d’une gravité alarmante. Près de 27 millions de personnes, soit plus d’un quart de la population, sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère. Le Plan de réponse humanitaire 2026 vise à fournir une aide d’urgence à 7,3 millions d’individus, avec un budget requis de 1,4 milliard de dollars. Actuellement, seulement 53,3 % de ce montant a été financé. Je tiens à remercier les donateurs pour leur contribution et les presse de débloquer l’intégralité des fonds indispensables pour faire face aux urgences en RDC », ai-je déclaré devant le Conseil de sécurité.
Ces alertes surviennent alors que les hostilités se poursuivent sans relâche dans plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré d’intenses efforts diplomatiques pour instaurer un cessez-le-feu durable et la mise en œuvre des accords de paix, les besoins humanitaires ne cessent de s’amplifier sur le terrain.
Face à ce déficit de financement critique, la communauté humanitaire en République démocratique du Congo est contrainte d’opérer une priorisation drastique de ses actions pour l’année 2026. C’est dans ce cadre que le gouvernement de la RDC et les organisations humanitaires avaient conjointement lancé, dès le 28 janvier 2026 à Kinshasa, un appel urgent de 1,4 milliard de dollars américains pour soutenir les opérations d’assistance dans le pays.
Ces fonds sont absolument essentiels pour secourir des millions de Congolaises et de Congolais pris au piège d’une des crises humanitaires les plus longues et les plus souvent négligées au monde. Sans un financement adéquat, l’aide humanitaire en 2026 devra se concentrer sur seulement 7,3 millions de personnes, alors que près de 15 millions d’individus nécessitent une assistance vitale et une protection immédiate.
L’année 2025 a déjà mis en lumière les conséquences dramatiques d’un sous-financement chronique. Par exemple, la réduction des capacités opérationnelles a entraîné la fermeture de plus de 1000 centres de nutrition, privant ainsi plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d’une prise en charge indispensable. Environ 1,5 million de personnes ont également perdu l’accès aux soins de santé primaires en raison de la fermeture de structures médicales, de ruptures de stock de médicaments essentiels et d’une capacité réduite à prévenir et à répondre aux épidémies. Les objectifs mensuels d’aide alimentaire ont été réduits jusqu’à 73 %, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim et de privation.